Enjeux du logiciel libre, standards ouverts et interopérabilité

Les formats de fichiers

L'informatique est la science du traitement de l'information. Votre ordinateur vous sert à manipuler de l'information, à la mémoriser et à la partager grâce au travail en réseau. Cette information est stockée dans des fichiers.

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Formats ouverts et interopérabilité

On désigne par interopérabilité la possibilité d'échanger des fichiers, avec d'autres utilisateurs équipés de matériels ou de logiciels différents. Pour garantir l'interopérabilité il faut veiller à utiliser des formats de fichiers ouverts, c'est à dire dont les spécifications sont connues et accessibles à tous.

Définition d'un format ouvert

La loi du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique donne une définition précise d'un format ouvert :

On entend par standard ouvert tout protocole de communication, d'interconnexion ou d'échange et tout format de données interopérable et dont les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en oeuvre (Chapitre I - Article 4).

Le 31 août 2011, le Premier Ministre François Fillon a demandé aux ministres de veiller à « généraliser l’usage des formats libres et ouverts par les administrations », dans le cadre de la mise à disposition des données publiques.

Définitions de l'interopérabilité

En France

Lors des débats sur la loi DADVSI (Droits d'Auteurs et Droits Voisins dans la Société de l'Information) en mars 2006, l'amendement 341 qui n'a malheureusement pas été retenu par l'Assemblée nationale proposait les définitions suivantes :

On entend par compatibilité la capacité de deux systèmes à communiquer sans ambiguïté.

On entend par interopérabilité la capacité à rendre compatibles deux systèmes quelconques. L'interopérabilité nécessite que les informations nécessaires à sa mise en œuvre soient disponibles sous la forme de standards ouverts.

En Europe

La directive européenne 91/250/CEE du 14 mai 1991, concernant la protection juridique des programmes d'ordinateur aborde l'interopérabilité en ces termes :

considérant qu'un programme d'ordinateur est appelé à communiquer et à opérer avec d'autres éléments d'un système informatique et avec des utilisateurs; que, à cet effet, un lien logique et, le cas échéant, physique d'interconnexion et d'interaction est nécessaire dans le but de permettre le plein fonctionnement de tous les éléments du logiciel et du matériel avec d'autres logiciels et matériels ainsi qu'avec les utilisateurs;

considérant que les parties du programme qui assurent cette interconnexion et cette interaction entre les éléments des logiciels et des matériels sont communément appelées « interfaces »;

considérant que cette interconnexion et interaction fonctionnelle sont communément appelées « interopérabilité »; que cette interopérabilité peut être définie comme étant la capacité d'échanger des informations et d'utiliser mutuellement les informations échangées;

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Normalisation des échanges d'informations ou pourquoi la largeur des réservoirs additionnels de la navette spatiale américaine dépend de la largeur de la croupe d'un âne ?

Vous vous êtes toujours demandé pourquoi la largeur des réservoirs additionnels de la navette spatiale américaine dépend de la largeur de la croupe d'un âne ? Le Docteur Jean-Charles Dufour du LERTIM (Laboratoire d’Enseignement et de Recherche sur le Traitement de l’Information Médicale) nous l'explique dans son cours Normalisation des échanges d'informations pour le Master EISIS (Expertise et Ingénierie des Systèmes d'Information en Santé).

Aux USA, l'écartement entre les rails de chemin de fer est de 1,435 mètre

  • Pourquoi ce nombre étrange ? A cause des Anglais, qui ont inventé le chemin de fer, donc ont imposé l'écartement entre les rails : 4 pieds et 8,5 pouces, soit 1,435 mètre.
  • Mais pourquoi ontils choisi cet écartement ? Parce que les premières lignes de chemin de fer furent construites sur le modèle des tramways.
  • Mais pourquoi les tramways ? Parce qu'ils reprenaient l'écartement des chariots et des diligences.
  • Mais pourquoi les chariots ? Parce que les routes d'Europe avaient des ornières et qu'un écartement différent aurait causé la rupture des essieux des chariots.
  • Mais pourquoi les ornières ? Parce que l'Empire romain avait standardisé la taille de ses propres chariots.
  • Et pourquoi l'Empire romain avait il choisi cette taille là ? Parce que c'était elle qui permettait à deux ânes de marcher côte à côte sans se gêner !
  • Devinez, enfin, la largeur des réservoirs additionnels de la navette spatiale américaine…
  • Réponse : 4 pieds et 8,5 pouces, bien sûr.
  • Pourquoi ? Parce qu'ils sont acheminés par train. Ainsi, la largeur de la croupe d'un âne est visible sur le moyen de transport le plus avancé du monde !

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Quatre saisons de formats ouverts et d'interopérabilité

Pour la quatrième année consécutive, APITUX renouvelle sa contribution à la rétrospective de l'April sur le logiciel libre et les sujets afférents.

Quatre saisons de formats ouverts et d'interopérabilité 2009

Les formats ouverts en permettant l'interopérabilité encouragent la diversification de l'écosystème logiciel. Cette ouverture n'est pas du goût des éditeurs de logiciels propriétaires et fera l'objet tout au long de l'année d'un lobbying intense destiné à préserver leurs situations de rente. Les attaques portent au plus haut niveau : État français avec la publication d'un référentiel général d'interopérabilité (RGI) pro-Microsoft, Europe avec la révision du cadre européen d'interopérabilité (EIF).

Au mois de janvier, dans un billet à forte teneur pédagogique, aKa présente IWB pour Interactive Whiteboard File Format, un format ouvert tableaux numériques interactifs. Dans l'Agenda du Libre en février, on fête les 10 ans du protocole XMPP sur lequel est basé la messagerie instantanée Jabber.

Au début du printemps, Thierry Stoehr nous explique en quoi le XML peut aussi être un piège. Dans une présentation remarquée (document publié ici avec l'aimable autorisation de l'auteur) dans le cadre du NOiV (Nederland Open in Verbinding) aux Pays Bas, le Lieutenant-Colonel Xavier Guimard revient sur le choix stratégique de communiquer uniquement par des protocoles ouverts et libres de droits. En mai Thierry Noisette s'interroge : « La gendarmerie et sa migration de grande ampleur vers les logiciels libres feront-elles école ? » Quelques semaines plus tard, le RGI est publié et Bertrand Lemaire dénonce les conséquences de la pluralité des normes bureautiques dans l'administration « pour les poches des contribuables ». Un mauvais coup donc pour les bénéfices attendus du RGI. Dans la torpeur de l'été, l'invention du terme datacide passe relativement inaperçue, peut être tout simplement parce qu'on n'a pas envie de penser que ça pourrait arriver. 01net nous met en garde : « attention à votre choix, il vous engage pour longtemps, très longtemps ».

Microsoft tente de redorer son image en ajoutant le support ODF par Microsoft dans Office 2007 mais l'ODF Alliance dénonce la piètre qualité de cette implémentation ; nos amis de Framasoft assurent la traduction. Les critiques pleuvent de toutes parts : « I was taught to never assume malice where incompetence would be the simpler explanation. But the degree of incompetence needed to explain SP2’s poor ODF support boggles the mind and leads me to further uncharitable thoughts. » Difficile dans ces conditions de faire confiance à Microsoft lorsqu'[il annonce l'ouverture du format .pst d’Outlook|http://www.zdnet.fr/actualites/microsoft-se-decide-a-ouvrir-le-format-pst-d-outlook-39710264.htm ].

Nojhan publie son affiche Formats Libres aux couleurs de l'automne et sous une double licence Creative Commons BY SA et Art Libre. En novembre, François Fillon signe l'arrêté validant la dernière version du RGI et confirme ainsi le cadeau du gouvernement français à Microsoft. Deux semaines plus tard circule un brouillon de l'EIF qui ôte toute mention du Logiciel Libre et confond « interopérabilité » et « compatibilité ». L'April contribue à dénoncer cette situation très préoccupante et rappelle qu'il n'y pas d'interopérabilité sans standards ouverts. Jean-Christophe Becquet, vice-président de l'April résume les lourdes inquiétudes qui pèsent sur ce dossier : « Entretenir au sein même du cadre européen d'interopérabilité la confusion entre interopérabilité et compatibilité, ou pire entre interopérabilité et monoculture, ne manquerait pas de piquant : c'est pourtant ce que nous fait craindre l'affirmation selon laquelle l'interopérabilité peut être atteinte sans ouverture, via par exemple l'homogénéité des systèmes d'informations. Cherche t-on à sacrifier le I de l'EIF sur l'autel des lobbies du logiciel propriétaire comme la France vient de le faire avec son RGI ? ».

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Jabber : la messagerie instantanée libre et bien plus encore

Découvrez notre article consacré au protocole Jabber sur le site Generationcyb.net.

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Des formats ouverts pour des données libres

Le site Generationcyb.net sollicite APITUX pour la rédaction d'articles consacrés aux enjeux du logiciel libre, aux standards ouverts et à l'interopérabilité. Notre dernier article est consacré au protocole Jabber :

Jabber est une application réseau basée sur le protocole XMPP. Jabber offre une alternative ouverte pour la messagerie instantanée, son utilisation la plus connue. Nous vous invitons à travers ces quelques lignes à découvrir les principes de la technologie Jabber et ses avantages. Nous présentons quelques d’usages basés sur Jabber et les outils associés, le plus souvent des logiciels libres.

Déjà publié dans la série Des formats ouverts pour des données libres :

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ODF : le format OpenDocument

Notre article Bureautique : le format Opendocument initialement écrit pour le site generationcyb.net est une version plus fouillée et mieux documentée.

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Compatibilité, standard de fait et interopérabilité

Pour comprendre la différence entre compatibilité, standard de fait et interopérabilité : 3 schémas proposés par Camille MOULIN sous licence Creative Commons BY.

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Bureautique : le format Opendocument

Cet article s'inscrit dans la série Des formats ouverts pour des données libres.

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Bureautique : le format Opendocument

OpenDocument est un format de fichier ouvert conçu pour les applications bureautiques : traitements de texte, tableurs, présentations... C’est le format utilisé notamment par la suite Openoffice.org mais son caractère ouvert le rend indépendant du logiciel utilisé. Cette caractéristique lui confère, nous allons le voir, un intérêt majeur en matière d’interopérabilité.

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Les vices cachés des .doc

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